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Mardi 29 avril 2008
Alors que le 7 mai prochain va se dérouler un débat à l'Assemblée nationale sur les langues et cultures régionales, plusieurs organisations non gouvernementales engagées dans la défense des langues et cultures régionales ou minoritaires sont intervenues dans le cadre de l'examen du troisième rapport périodique de la France sur l'application du Pacte international des Droits économiques, sociaux et culturels du 28 au 30 avril à Genève.

Les membres du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies ont fait le constat que la France n'avait pas avancé d'un iota concernant la ratification des outils internationaux de protection des langues et cultures minoritaires.

EBLUL-France, section française du Bureau européen des langues moins répandues, qui représente notamment le Conseil culturel de Bretagne, l'Institut d'études occitanes, Culture et Bilinguisme d'Alsace et de Moselle, la Fédération pour la langue et culture catalanes, Schola Corsa, Défense et promotion des langues d'oïl, d'une part, et Behatokia (Observatoire linguistique de la langue basque) d'autre part ont pu commenter les nombreuses inexactitudes et approximations du rapport présenté par la France en ce qui concerne les droits linguistiques et culturels, et ont pu montrer que malgré les affirmations de la France, l'absence de droit collectifs en ce domaine aboutit à des discriminations flagrantes des locuteurs de langues régionales, tant dans le domaine de l'éducation, de l'usage de la langue dans les media et dans la vie publique et sociale en général.

L'association Tamazgha qui œuvre pour la défense de la langue et la culture berbères est également intervenue pour relever que le rapport de la France passait sous silence les langues minoritaires présentes sur son territoire et notamment le berbère, totalement absent de l'enseignement en France. L'association "Bretagne réunie" était aussi représentée afin de demander le respect de l'identité culturelle bretonne des habitants de Loire-Atlantique, bafouée depuis un décret de 1941.

Les ONG ont demandé que le Comité réitère et renforce sa demande que la France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies, ratifie et applique les conventions internationales, notamment la Charte européenne sur les langues régionales ou minoritaires, et qu'elle prenne des mesures précises et effectives de sauvegarde des langues régionales et minoritaires de France en danger d'extinction.

Genève, le 29 avril 2008


EBLUL-France    Behatokia,     TAMAZGHA,     Bretagne Réunie

publié dans : Europa

Mercredi 13 février 2008

Morten-Kjaerum-Direktoer-Institut-Menneskerettigheder.jpgLes députés ont préféré à l'unanimité le Danois Morten Kjaerum (photo) pour le poste de directeur de l'Agence européenne des droits fondamentaux, parmi les deux prétendants retenus par la Commission européenne. L'annonce a été faite lundi après audition des candidats puis délibération à huit clos des membres des membres de la commission des libertés civiles du PE. Après validation par la Conférence des présidents, la décision finale reviendra au Conseil d'administration de l'Agence.

 

Dario Carminati, Italien né en 1952, a été le premier postulant auditionné parmi les deux candidats. Cadre supérieur du Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (UNHCR) pouvant se prévaloir de 27 ans d'expérience, il est actuellement représentant de la délégation de l'UNHCR en Angola. "L'Agence européenne des droits fondamentaux peut concrétiser un grand pas en avant dans la consolidation d'une vision européenne d'ensemble en matière de droits de l'homme", a-t-il déclaré. Cette agence devra se donner pour priorités d'apporter des suggestions et des conseils sur la législation européenne et la mise en œuvre de la Charte des droits fondamentaux, de traiter les problèmes de droits de l'homme émergeant au plan national et de combler le fossé entre citoyens,  institutions européennes et parlements nationaux en engageant toutes les parties dans un dialogue fructueux, a souligné M. Carminati.
 
Morten Kjaerum, né en 1957 au Danemark, dispose d'une expérience de 23 ans dans le domaine des droits de l'homme et dirige actuellement l'Institut danois pour les Droits de l'homme. "L'Agence européenne des droits fondamentaux est un bon moyen de renforcer les droits de l'homme", elle devrait être "hautement interactive" par rapport aux réseaux institutionnels et à la société civile", a-t-il estimé, avant d'ajouter: "j'aimerais créer un foyer d'activité novateur, le point de convergence pour un débat enrichissant". M. Kjaerum a aussi souligné qu'il chercherait, s'il est nommé directeur, de nouveaux moyens pour renforcer le dialogue avec les députés européens, en organisant, par exemple, des ateliers informels sur des sujets épineux.
 
Minorités nationales
 
Améliorer la protection et la compréhension des minorités nationales devrait être une des priorités de l'Agence, ont convenu les deux candidats, en réponse à des questions de Henri Lax (ADLE, FI) et Viktoria Mohacsi (ADLE, HU). "Les discriminations linguistiques, culturelles, ethniques…, sont plusieurs facettes du même problème. L'agence devrait traiter toutes les formes de discrimination par le biais d'une stratégie globale", a estimé M. Carminati. Pour M. Kjaerum, "nous devrions faire équipe avec les comités européens concernés, développer un programme conjoint et créer de nouveaux mécanismes pour promouvoir les droits des communautés minoritaires".
 
Oserez-vous dénoncer nommément?

"Il est plus important de promouvoir le rôle positif de l'Agence, de développer un dialogue constructif, que de montrer du doigt", a répondu M. Carminati à Kathalijne Buitenweg (Verts/ALE, NL), qui lui demandait que faire lorsqu'un gouvernement national porte atteinte aux droits de l'homme et lorsqu'un ou plusieurs Etats membres font l'objet de critiques pour ces raisons. "Il est important de pouvoir dénoncer nommément mais cela ne sera jamais ma première approche", a indiqué M. Kjaerum, "j'utiliserais cette possibilité seulement en cas d'échec du dialogue et s'il n'y a pas d'autres solutions pour résoudre le problème".
 
Lutte contre le terrorisme et droit à la vie privée
 
Magda Kósáná Kováks (PSE, HU) a interrogé le candidat danois sur les priorités de l'Agence en matière de justice et de sécurité. "Les droits a la vie privée sont restreints par la lutte contre le terrorisme" et "nous devons en débattre en profondeur", a répondu M. Kjaerum, qui s'est dit très satisfait que le droit à la vie privée fasse partie du mandat de la FRA.
 
Pour Kinga Gal (PPE-DE, HU) et Ewa Klamt (PPE-DE, DE), préserver l'indépendance de l'Agence vis-à-vis du Conseil et des autres institutions de l'UE et améliorer la coopération avec les ONG et la société civile devraient aussi être prioritaires. D'autres députés ont également abordé les questions des droits des enfants, de discrimination des Roms, et de lutte pour l'égalité des chances, etc.
 
Les deux candidats devaient aussi être auditionnés par le Conseil de l'UE ce lundi en fin de journée. Le conseil d'administration de l'agence procédera ensuite à la nomination officielle du directeur choisi, en tenant compte des avis des députés et du Conseil. L'Agence européenne des droits fondamentaux a été créée en mars 2007.


11/02/2008
Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures
Président : Gérard Deprez (ADLE, BE)

 
 
 

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publié dans : Europa

Mardi 8 janvier 2008

undefined(par Davyth Hicks. Retrouvez la version originale sur le site d'Eurolang

L'année 2008 a été proclamée année internationale des langues par l'Assemblée générale des Nations Unies. L'UNESCO a été chargée de coordonner les activités pendant l'année.  M. Koïchiro Matsuura, directeur général de l'UNESCO, a déclaré: « Nous devons agir maintenant car le temps presse. Comment ? En encourageant et en développant les politiques linguistiques qui permettront à chaque communauté linguistique d’utiliser sa langue principale, ou sa langue maternelle, aussi largement et aussi souvent que possible, y compris dans le domaine de l'éducation, tout en maîtrisant également une langue nationale ou régionale et une langue internationale. En outre, en encourageant les locuteurs de langues dominantes à maîtriser une autre langue nationale ou régionale et une ou deux langues internationales. C’est seulement si le multilinguisme est accepté par tous que toutes les langues trouveront leur place dans notre monde globalisé ».

 
 

Les lecteurs d'Eurolang se rappellent sûrement qu'en mai 2007, la France, l'Etat membre qui détient le record d’Europe en ce qui concerne l’élimination de la diversité sur son propre territoire, a notablement soutenu l'importance de la diversité linguistique au moment où a été émise l'idée de faire une année internationale des langues. Jean-Marc de La Sablière, ambassadeur permanant de la France à l’ONU avait alors déclaré à l’Assemblée Générale : « Le premier instrument du génie d'un peuple est sa langue», citant ainsi Stendhal alors qu’il soumettait à l'Assemblée générale un projet de résolution sur le multilinguisme. « Le droit à l'utilisation de sa langue, à la capacité de communiquer et ainsi de comprendre et d’être compris, à la conservation d'un legs souvent datant de centaines ou milliers d’années, doit être au coeur de la mission des Nations Unies, » a-t-il insisté.

 
 

koichito.jpgM. Koïchiro Matsuura (photo ci-contre), directeur général de l'UNESCO, a publié le rapport suivant énonçant clairement l'importance fondamentale de maintenir et de développer la diversité linguistique :

 

L’Organisation est parfaitement consciente de l’importance cruciale des langues au vu d’un grand nombre de défis auxquels l’humanité devra faire face dans les prochaines décennies.

 

Les langues sont en effet essentielles pour l’identité des groupes et des individus, et pour leur coexistence pacifique. Elles constituent un facteur stratégique pour la progression vers un développement durable, et pour une articulation harmonieuse entre le global et le local.

 

Elles revêtent une importance capitale pour atteindre les six objectifs de l’éducation pour tous (EPT) ainsi que les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sur lesquels les Nations Unies se sont accordées en 2000.

 

En tant que facteurs d’intégration sociale, les langues occupent en effet une place stratégique dans l’élimination de la pauvreté extrême et de la faim (OMD 1) ; comme supports d’alphabétisation, d’acquisition des connaissances et des compétences, elles sont essentielles pour réaliser l’enseignement primaire universel (OMD 2) ; le combat contre le VIH et le sida, le paludisme et d’autres maladies (OMD 6), pour toucher les populations concernées, doit se mener dans leurs langues ; la sauvegarde des savoirs et savoir-faire locaux et autochtones en vue d’assurer une gestion durable de l’environnement (OMD 7) est intrinsèquement liée aux langues locales et autochtones.

 

Par ailleurs, la diversité culturelle est étroitement liée à la diversité linguistique, comme le rappellent la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle et son Plan d’action (2001), la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) et la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005).

 

Or dans quelques générations, plus de 50 % des 7 000 langues parlées dans le monde risquent d’avoir disparu. Moins d’un quart d’entre elles sont aujourd’hui utilisées à l’école et dans le cyberespace, et pour la plupart seulement sporadiquement. Des milliers de langues – bien que parfaitement maîtrisées par les populations dont elles sont le moyen quotidien d’expression – sont absentes des systèmes éducatifs, des médias, de l’édition et du domaine public en général.

 
 

L’UNESCO invite donc les gouvernements, les organismes des Nations Unies, les organisations de la société civile, les institutions éducatives, les associations professionnelles et toutes les autres parties prenantes à multiplier leurs activités propres en faveur du respect, de la promotion et de la protection de toutes les langues, particulièrement les langues en danger, dans toutes les situations de la vie individuelle et collective.

 

Que ce soit par des initiatives dans le domaine de l’éducation, du cyberspace, de l’environnement lettré ; que ce soit par des projets portant sur la sauvegarde des langues en danger ou sur la promotion des langues comme outil d’intégration sociale ; que ce soit pour explorer le lien entre langues et économie, entre langues et savoirs autochtones ou entre langues et création, il est important de promouvoir partout l’idée que « les langues, ça compte !».

 

La date du 21 février 2008, neuvième édition de la Journée internationale de la langue maternelle, revêtira dans ce contexte une importance toute particulière, et constituera une échéance particulièrement propice au lancement d’initiatives pour la promotion des langues.

 

Notre objectif commun est de faire reconnaître, au niveau national, régional et international, l’importance de la diversité linguistique et du multilinguisme dans les systèmes éducatifs, administratifs et juridiques, dans les expressions culturelles ainsi que dans les médias, le cyberespace et les échanges commerciaux.

 

L’Année internationale des langues 2008 constituera une occasion unique pour avancer de manière décisive dans la réalisation de ces objectifs.

 

(Eurolang 8/1/2008)


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Mardi 11 décembre 2007

 
Eblulogo-041102-copie-1.png Monsieur Cavada,

Nous notons avec grand intérêt l’important travail de votre Comité en ce qui concerne la création de l'Agence pour les Droits Fondamentaux de l'UE

En ce qui concerne ce travail, je me réfère au Projet de Rapport sur le Règlement (CE) N° 168/2007 du Conseil portant création d’une Agence des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne pour la période 2007-2012 (COM (2007) 0515 - C6-0322/2007 - 2007/0189 (le CNS)) et en particulier le rapport de Michael Cashman.

Concernant l'amendement 12 article 2, alinéa b) :  « la discrimination basée sur le sexe, l'origine raciale ou ethnique, la religion ou la croyance, l'incapacité, l'âge ou l'orientation sexuelle ou des personnes appartenant aux minorités et à toute combinaison de ces raisons (discrimination multiple) ; » Nous le bureau européen pour les langues moins répandues (EBLUL), organisation internationale représentant de langues d’Etats plus petits, régionales ou minoritaires, avec des membres dans 19 Etats de l'UE, demandons fortement que vous ajoutiez une clause dans cette section sur la discrimination basée sur des motifs linguistiques. Nous proposons que le mot « langue » soit inséré après « religion ou croyance » dans le texte.

Justification

  1. La transgression des droits linguistiques fait partie de la transgression des droits de l'homme, et n'a pas sa place dans l'Europe du 21ème siècle. De la même manière que les gens nés avec une peau de couleur, ils sont héritiers d'un héritage linguistique. Avoir des discriminations contre une langue, s’entendre dire qu'elle est moins valable qu'une autre langue, ou pour avoir des mesures prises contre une langue visant à limiter son usage ou sa transmission intergénérationnelle, est absolument inacceptable.
  1. Afin d'être conforme à l'art 21.1 de la Charte des droits fondamentaux, qui inclut la discrimination linguistique, le mot « langue » devrait être inséré dans la clause visée ci-dessus à l'amendement 12.

Neasa Ní Chinnéide,

Secrétaire Générale d’EBLUL

Le site d'EBLUL France


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