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Lundi 26 juin 2006
Pennadoù dibabet eus prezegenn J.Chirac e-doug digoridigezh mirdi kae Branly e Pariz. Ar brezegenn penn da benn a zo war lec'hienn an Elysée.

"Alors que le monde voit se mêler les nations, comme jamais dans l'histoire, il était nécessaire d'imaginer un lieu original qui rende justice à l'infinie diversité des cultures, un lieu qui manifeste un autre regard sur le génie des peuples et des civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques.

Il s'agissait pour la France de rendre l'hommage qui leur est dû à des peuples auxquels, au fil des âges, l'histoire a trop souvent fait violence. Peuples brutalisés, exterminés par des conquérants avides et brutaux. Peuples humiliés et méprisés, auxquels on allait jusqu'à dénier qu'ils eussent une histoire. Peuples aujourd'hui encore souvent marginalisés, fragilisés, menacés par l'avancée inexorable de la modernité. Peuples qui veulent néanmoins voir leur dignité restaurée et reconnue.

Au cœur de notre démarche, il y a le refus de l'ethnocentrisme, de cette prétention déraisonnable et inacceptable de l'Occident à porter, en lui seul, le destin de l'humanité. Il y a le rejet de ce faux évolutionnisme qui prétend que certains peuples seraient comme figés à un stade antérieur de l'évolution humaine, que leurs cultures dites "primitives" ne vaudraient que comme objets d'étude pour l'ethnologue ou, au mieux, sources d'inspiration pour l'artiste occidental.

Ce sont là des préjugés absurdes et choquants. Ils doivent être combattus. Car il n'existe pas plus de hiérarchie entre les arts et les cultures qu'il n'existe de hiérarchie entre les peuples. C'est d'abord cette conviction, celle de l'égale dignité des cultures du monde, qui fonde le musée du quai Branly.

Mais il est beaucoup plus qu'un musée. En multipliant les points de vue, il ambitionne de restituer, dans toute leur profondeur et leur complexité, les arts et les civilisations de tous ces continents. Par là, il veut promouvoir, auprès du public le plus large, un autre regard, plus ouvert et plus respectueux, en dissipant les brumes de l'ignorance, de la condescendance ou de l'arrogance qui, dans le passé, ont été si souvent présentes et ont nourri la méfiance, le mépris, le rejet.

Loin des stéréotypes du sauvage ou du primitif, il veut faire comprendre la valeur éminente de ces cultures différentes, parfois englouties, souvent menacées, ces "fleurs fragiles de la différence" qu'évoque Claude LEVI STRAUSS et qu'il faut à tout prix préserver.

Car ces peuples, dits "premiers", sont riches d'intelligence, de culture, d'histoire. Ils sont dépositaires de sagesses ancestrales, d'un imaginaire raffiné, peuplé de mythes merveilleux, de hautes expressions artistiques dont les chefs-d'œuvre n'ont rien à envier aux plus belles productions de l'art occidental.

Il proclame qu'aucun peuple, aucune nation, aucune civilisation n'épuise ni ne résume le génie humain. Chaque culture l'enrichit de sa part de beauté et de vérité, et c'est seulement dans leurs expressions toujours renouvelées que s'entrevoit l'universel qui nous rassemble.

Cette diversité est un trésor que nous devons plus que jamais préserver. A la faveur de la mondialisation, l'humanité entrevoit, d'un côté, la possibilité de son unité, rêve séculaire des utopistes, devenu aujourd'hui la promesse de notre destin. Mais, dans le même temps, la standardisation gagne du terrain, avec le développement planétaire de la loi du marché. Pourtant, qui ne voit qu'une mondialisation qui serait aussi une uniformisation, ne ferait qu'exacerber les tensions identitaires, au risque d'allumer des incendies meurtriers ? Qui ne sent une nouvelle exigence éthique, face aux questions si déroutantes que porte le développement rapide des connaissances scientifiques et de nos réalisations technologiques ? Alors que nous tâtonnons, à la recherche d'un modèle de développement qui préserve notre environnement, qui ne cherche un autre regard sur l'homme et sur la nature ?

Tel est aussi l'enjeu de ce musée. Dresser, face à l'emprise terne et menaçante de l'uniformité, la diversité infinie des peuples et des arts. Offrir l'imaginaire, l'inspiration, le rêve contre les tentations du désenchantement. Donner à voir ces interactions, cette collaboration des cultures, décrite, là encore, par Claude LEVI-STRAUSS, qui ne cesse d'entrelacer les fils de l'aventure humaine. Promouvoir, contre l'affrontement des identités et les logiques de l'enfermement et du ghetto, l'exigence du décloisonnement, de l'ouverture et de la compréhension mutuelle. Rassembler toutes celles et tous ceux qui, à travers le monde, s'emploient à faire progresser le dialogue des cultures et des civilisations.

Cette ambition, la France l'a pleinement faite sienne. Elle la porte inlassablement dans les enceintes internationales et au cœur des grands problèmes du monde. Elle la porte avec ardeur et conviction, car elle est conforme à sa vocation, celle d'une nation de tout temps éprise d'universel mais qui, au fil d'une histoire tumultueuse, a appris la valeur de l'altérité.

Plus que jamais, le destin du monde est là : dans la capacité des peuples à porter les uns sur les autres un regard instruit, à faire dialoguer leurs différences et leurs cultures pour que, dans son infinie diversité, l'humanité se rassemble autour des valeurs qui l'unissent réellement.

Puisse le visiteur qui franchira les portes du musée de ce quai Branly être saisi par l'émotion et l'émerveillement. Puisse-t-il naître à la conscience de ce savoir irremplaçable et devenir à son tour le porteur de ce message, un message de paix, de tolérance et de respect des autres."

Jacques Chirac, Paris - mardi 20 juin 2006


publié dans : Bro C'hall / France

Lundi 26 juin 2006
Une manifestation à Paris ?
Que pensez vous d'une grande manifestation interculturelle à Paris début 2007
Poent bras e oa ! / Il était temps !
Perak ket... / Pourquoi pas...
N'on ket gwall gendrec'het / Je ne suis pas très convaincu
Amzer gollet / c'est du temps perdu
hep meno / sans opinion
Ar vanif-se a vefe / cette manif serait
e miz C'hwevrer 2007 / en février 2007
e miz Meurz 2007 / en mars 2007
sans opinion / hep meno

Résultats

publié dans : Sontadegoù / Sondages

Mardi 20 juin 2006
Réunion de l’Intergroupe des Minorités Traditionnelles, des Régions Constitutionnelles et des Langues Régionales, présidée par M. Csaba Tabajdi le 14 juin 2006 au Parlement Européen - Strasbourg

 

Une réunion d’information pour l’Intergroupe des Minorités Traditionnelles, des Régions Constitutionnelles et des Langues Régionales s’est déroulée au Parlement Européen pour faire le point sur la situation actuelle de la culture et de l’identité de l’Alsace. Elle s’est déroulée en présence de nombreux parlementaires et de M. Rieffel, haut fonctionnaire.

 

Les invités, M. Justin Vogel, vice-président du Conseil Régional d’Alsace et président de l’office pour la langue et la culture d’Alsace (OLCA), M. François Schaffner, président de Culture et Bilinguisme d’Alsace et de Moselle et M. Philippe Elsass de l’association

Culture et Bilinguisme d’Alsace et de Moselle et vice-président d’EBLUL - France, ont exposé l’histoire des langues utilisées en Alsace, leur statut actuel et les efforts réalisés notamment par l’OLCA pour revaloriser le dialecte alsacien.

 

Les parlementaires ont pu constater le recul catastrophique de la langue historique de l’Alsace dans ses formes dialectales et littéraire (l’allemand standard), comme le montrent les statistiques qualifiées de « terribles » par M. Tabajdi.

Ils ont aussi pu prendre connaissance des efforts déployés par les collectivités territoriales, les associations, les parents pour sauvegarder et développer leur langue régionale, notamment par les classes bilingues à parité horaire, français –allemand et une familiarisation aux dialectes.

 

Ils ont pu se rendre compte que la langue dite régionale d’Alsace était de par ses dialectes et l’allemand standard, une langue de proximité et une langue internationale, la plus utilisée en Europe, mais qu'elle avait fait l'objet d'une campagne d'éradication systématique et ne bénéficiait d'aucune protection législative.

 

M. Tabajdi a conclu la séance en déplorant que la réconciliation franco-allemande tant vantée se soit faite aux dépens des Alsaciens et en rappelant qu'il était urgent que la France ratifie la Charte Européenne des langues Régionales ou Minoritaires, ratification qu'elle exige des nouveaux Etats membres. Il ne peut pas y avoir de doubles standards en Europe, les anciens pays membres ne peuvent ignorer les droits dont ils exigent le respect par les nouveaux états membres, a-t-il martelé, avant d'appeler de ses vœux une "réconciliation franco-alsacienne".

 

TABAJDI Csaba
président
Intergroup for Traditional National Minorities,
Constitutional Regions and Regional Languages
 
European Parliament - Brussels
ASP 13G101
tel: 0032-472-803-632
fax: 0032-228-49821
 

publié dans : Europa

Lundi 19 juin 2006
Voici un aperçu des messages de soutien et de non-soutien reçus lors de la  manifestation

  • Harp ar gabiliz evit ar vanfestadeg / Soutien des kabyles pour la manifestion

Peuples en lutte

La Bretagne se mobilise pour ses droits...

Manifestation à Rennes le 3 juin 2006 à 14H30

C’est parce que des Bretons tiennent à vivre et décider leur culture en Bretagne - ce qui ne peut se faire, dans une première étape, que s’il y a transfert de compétences de l’Etat vers la Région - que plusieurs organisations culturelles, syndicales, éducatives,... appellent à une manifestation à Rennes le 3 juin 2006 à 14H30.

Au moment où l’Etat français se fai passer pour le champion de la défense de la diversité culturelle dans le monde, les organisation bretonnes ayant appelé à la manifestation du 3 juin à Rennes se demandent pourquoi, à ce moment là, la Bretagne "ne pourrait-elle pas mettre en place une véritable politique de promotion de la diversité culturelle et linguistique en Bretagne ?"

Tamazgha, solidaire du peuple breton, soutient la manifestation de Rennes et appelle l’ensemble des Imazighen de Bretagne à se joindre à ce rendez-vous et porter les couleurs amazighes.

Alors, Toutes et tous à Rennes le 3 juin 2006 !

Tamazgha


  • Article rédigé par l'association Escambiar, dont sont issus les Fabulous Trobadors et Bombes 2 bal.

La France, c’est-à-dire ceux qui la gouvernent et ceux qui sont censés la diriger intellectuellement est totalement débranchée.

Ils disent rêver d’une France qui entreprend, qui invente, qui prend des initiatives et quand ces gens apparaissent, ils les repoussent. En fait, ils voudraient de l’inconnu qu’ils connaissent déjà, de l’imprévu qui rentrent dans leurs plans, du nouveau qui ressemble à leurs vieilles obsessions, des initiatives qu’ils puissent contrôler à 100 pour cent.

Le breton (l’occitan, le corse etc…) leur échappe. Il faut bien comprendre : un breton qui parle breton n’est plus un provincial, un vaincu sur lequel on a prise. Et la culture bretonne s’invente en Bretagne, loin du centre. On ne peut plus contrôler.
Alors, les gouvernements intellectuels ne peuvent plus que défendre leurs derniers près carrés, leurs privilèges, en accusant les inventeurs de passéisme, populisme, ringardisme et je ne sais quoi encore.
Obligés régulièrement de céder quelques libertés sous la pression du public, ils reviennent dès qu’ils peuvent en arrière.

La solution n’est pas là. Elle est dans l’attitude contraire. Que la république se renseigne, réfléchisse, se dote d’une doctrine et s’enthousiasme pour le travail de ces pionniers que sont, depuis des décennies, les militants culturels bretons, basques, corses, etc… (qui créeront dans les années à venir, plus d’emplois que n’importe qui), qu’elle prenne en charge avec dynamisme.
La solution n’est pas là. Elle est tout au contraire, dans une attitude positive : la pluralité des langues, des cultures de France, en émulation culturelle ente elles.



  • Communiqué de l'UMP n'appelant pas à la manif, cliquez ici (fichier pdf)



 

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