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Mardi 27 février 2007

Beal Feirst - Belfast, Lundi, 26 Février2007 par Eoghan O Neill 


3500? 5000 ? Les estimations des media sur le nombre de manifestants à la manifestation pour la 'Acht na Gaeilge' de samedi à Belfast varient mais tous s’accordent à dire qu’ils étaient nombreux et que la mobilisation a été un véritable succès.

La première marche pour la langue irlandaise en Irlande du Nord a attiré des gens de Dublin, Galway, Derry, Strabane, Newry, Donegal et de beaucoup d’autres endroits d’Irlande. Mais c’est le très grand nombre de jeunes gens de Belfast qui a fait la plus forte impression alors que « Square de Ecrivains » débordait de monde.

La circulation et le shopping de midi dans le centre de Belfast se sont interrompus au passage de la parade, un vrai carnaval, mais avec un message sérieux.

Des musiciens sur un char, des membres de la Gaelic Athletic Association avec le maillot de leur club, des enfants d’écoles irlandaises avec des pancartes faites en classe, des adolescents avec des banderoles multicolores et des bambins avec des ballons sur lesquels on pouvait lire 'Acht na Gaeilge Anois' faisaient échos dans la rue avec les chansons et les slogans en irlandais.

Cela faisait plusieurs centaines d’années que l’on avait pas entendu autant d’irlandais parlé naturellement dans le centre de Belfast ; plus important  encore, c’est la première fois qu’une manifestation pour l’irlandais avait lieu en Irlande du Nord. Un autre tabou détruit dans la joie !

Le ‘Square des Ecrivains’ se trouve à quelques mètres du DCAL (département de la culture de l’art et des loisirs), le département du gouvernement qui est actuellement à l’étude d’un processus de législation sur le gaélique. Et de leurs bureaux, le personnel du DCAL pouvait clairement voir et entendre ce processus en action alors que Gerry Adams du Sinn Féin, Bríd Rodgers du SDLP et Janet Muller du POBAL s’adressaient à la foule. Chacun d’entre eux a insisté sur la nécessité qu’a le gouvernement Britannique de tenir la promesse qu’il avait fait quant à la promotion de la langue irlandaise. Et tous ont rappelé aux manifestants qu’ils leurs restaient quelques jours pour répondre à la consultation populaire qui se terminera vendredi. Vous trouverez plus d’information sur ce processus sur le site de POBAL www.pobal.org

Une délégation de Cymdeithas Yr Iaith Gymraeg est venue du Pays de Galles pour participer à la manifestation de samedi. Ils ont été enchantés de l’accueil qu’ils ont reçu de la part des Irlandais, et sont maintenant désireux de tisser des réels liens entre les militants pour la langue galloise et les militants pour la langue irlandaise.

(article original sur Eurolang 2007)


publié dans : Europa

Mercredi 14 février 2007

Brezhoneg

Le Conseil Culturel de Bretagne, membre de l’Association des Rencontres des Langues et Cultures Régionales ou Minoritaires et  d’EBLUL-France (Bureau européen des langues moins répandues) vous invite à signer la pétition lancée à l’appel de ces 2 associations. La République française  doit se conformer au droit international et :

  • modifier sa Constitution pour reconnaître sa propre diversité,
  • ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et les conventions garantissant les droits des citoyens à la protection de leur identité culturelle et linguistique dans le respect des droits de l’homme,
  • donner aux régions et collectivités concernées les compétences et les moyens de prendre en charge l’avenir des langues et cultures de leurs territoires, constitutives de leur identité propre.

Merci de diffuser ce lien autour de vous !!! Merci de mettre ce lien sur vos sites / blogs / pages perso !!!!


Mercredi 14 février 2007

Ho pediñ a ra Kuzul Sevenadurel Breizh, ezel eus ar  “gKevredigezh Emgavioù ar Yezhoù ha Sevenadurioù Rannvro pe Bihanniver” hag EBLUL-Frañs, da sinañ ar skrid-goulenn lusket gant an 2 gevredigezh-se. Rankout a ra Republik Frañs en em stummañ diouzh ar gwir etrevroadel ha:

  • cheñch he Bonreizh evit anavezout he liesseurted,
  • peurwiriekaat Karta Europa ar yezhoù rannvro pe bihanniver hag ar gendivizadoù a warant gwirioù ar vroidi da warez o identitelezh sevenadurel ha yezhel gant doujañs gwirioù mab-den,
  • reiñ d’ar rannvroioù ha d’ar strollegezhioù ar barregezhioù hag an troioù da gemer e karg dazont yezhoù ha sevenadurioù o ziriadoù a sav o identitelezh
 

Trugarez da skignañ al liamm-se tro dro deoc’h !!! Trugarez da lakaat al liamm se war ho lec’hiennoù / plogoù / pajennoù !!!


Lundi 12 février 2007

Lors de l’émission « Ripostes » (France 5, dimanche 21 janvier), Marine le Pen estimait que, si on peut comprendre qu’un panneau de ville soit indiqué en breton, par contre les panneaux bilingues pour « toutes directions » ou « centre ville » consisteraient à admettre qu’ « on revient au bilinguisme et ça c’est extrêmement grave ». Venant de Marine Le Pen, ce genre de sottise n’est ni un scoop ni dramatique en soi. Plus gênant est l’absence de réaction des autres interlocuteurs de l’émission à ces propos (sauf Arlette Laguiller qui a pourtant à son passif, elle aussi, un bon nombre de stupidités sur les langues régionales). D’autant que le sujet était loin d’être anodin, s’agissant d’intégration / assimilation et de pratique linguistique.

Bilinguisme et culture autochtones Ainsi selon M. Le Pen, le bilinguisme constitue une grave entrave à l’intégration. Elle-même jouant la confusion et mélangeant sans vergogne cultures autochtones et cultures de l’émigration.

Or, nous n’avons pas de leçon ou de certificat d’intégration à recevoir de Marine Le Pen ou de quiconque. Qui est plus intégré en Bretagne qu’un Breton sachant parler le breton et le français ? Qui est plus chez lui qu’un Basque, Occitan, catalan, alsacien ou corse, à l’aise dans sa culture comme dans la culture française ?

Sans revenir sur le fait que la France a cherché à éradiquer ces cultures « premières » y compris par des moyens aujourd’hui condamnés par toutes les législations internationales, les minorités culturelles autochtones ont maintenant des droits reconnus par ces conventions internationales, même si la France ne les a pas signées faute d’avoir été capable de se mettre sereinement à niveau, engluée qu’elle est dans des schémas impérialistes d’un autre temps.

Oser présenter le bilinguisme comme un handicap à l’intégration est quand même un comble s’agissant de locuteurs vivant dans leur pays. Un pays ayant généralement une antériorité largement supérieure à celle de la France elle-même. Intégration et cultures de l’émigration Il semble évident que les langues et cultures de l’émigration ne peuvent se prévaloir des mêmes droits ; Ne serait-ce que pour des aspects pratiques (absence de territorialité, multiplicité des langues, demande sociale très variable, etc….)

Pour autant, et même en supposant que l’intégration soit l’enjeu premier vis-à-vis de ces citoyens, les analyses sommaires de Marine Le Pen (et hélas, elle n’est pas la seule concernée !) demandent réflexion.

Pour le bon centralisateur jacobin moyen, intégration veut dire assimilation. « Tous comme moi pour être acceptables ». Et le merveilleux résultat de cette politique se retrouve dans la difficulté de toute personne « différente » (par le nom ou le prénom, la couleur de la peau, l’accent….) à avoir ne serait-ce qu’une réponse à une demande d’emploi, trouver un logement ou rentrer dans une boîte de nuit… Comprenez donc qu’il y a des bilinguismes chics (français-anglais par exemple) et des bilinguismes honteux ou dangereux ! Pendant un temps, la France a même autoproclamé le français comme modèle universel. Aujourd’hui, elle se fait défenseuse de la diversité culturelle pour garder une place qu’elle n’a pu préserver par une domination militaire ou économique. Qu’en sera-t-il demain ? Peut-être devra-t-elle prôner pour elle-même les vertus du bilinguisme…

Quand on sait le traumatisme que représente un déracinement, la solution ne passe pas par le rejet et l’interdiction de la culture d’origine mais par l’acquisition de la culture d’accueil. Permettre d’accéder à la seconde tout en valorisant la première ne peut que donner :

  • les conditions favorables à un épanouissement de la personnalité,
  • un atout supplémentaire par la pratique d’autres langues qui sont souvent des langues de grandes diffusion et de culture (comme l’arabe, par exemple).

Inversement, pratiquer une politique de dénigrement, de refus ne peut que conduire à des attitudes de renfermement ou de réaction et de radicalisation. C’est cette conception impérialiste de l’intégration qui provoque puis nourrit le fameux communautarisme dénoncé le plus fort par ceux-là mêmes qui l’ont provoqué.

On ne peut dénier à quelqu’un le droit à son identité sans retombées douloureuses, aujourd’hui ou plus tard. Cela suppose de trouver des solutions pratiques et adaptées. Des solutions qu’on dit difficiles non parce qu’elles le sont mais parce qu’on n’en veut pas. On préfère, au nom d’un dogmatisme éculé, se priver des retombées positives d’une politique respectueuse d’intégration plutôt que d’admettre la diversité comme une richesse culturelle, humaine, économique, sociétale…. Enjeux de la diversité culturelle La France qui se fait le champion mondial de la diversité culturelle « oublie » de l’appliquer sur son propre territoire. Et pourtant, chaque langue et culture n’est-elle pas d’abord une partie du patrimoine mondial de l’humanité ? N’apporte-t-elle pas, sur le plan individuel, l’épanouissement de la personnalité (la langue en tant que conception du monde, vecteur des relations humaines, d’appartenance à une société, références…), créativité, originalité, reconnaissance et partage par un groupe humain, une pratique culturelle populaire plutôt qu’une consommation passive ? De même, sur le plan sociétal, les langues et cultures régionales constituent un antidote à la mondialisation standardisante, à la marchandisation de la culture.

L’expression positive de son identité favorise l’ouverture aux autres, le respect de l’altérité, et donc le rejet de la xénophobie, tout en étant ainsi un antidote au repli et aux revendications agressives. Vivre sa culture au quotidien induit la volonté de maîtriser son avenir et de participer au concert des nations.

Le domaine économique lui-même est concerné. D’une part l’expression culturelle est un champ économique en soi (ce n’est sans doute pas par hasard si la Bretagne est la deuxième région après l’Ile-de-France sur le plan de l’édition, si elle représente à elle seule la moitié des professionnels de la musique et la moitié des élèves suivant des cours de musique en France…). En outre, on sait qu’aujourd’hui la culture est devenue le cheval de Troie de l’économie (la guerre entre grandes puissances n’est plus possible, c’est donc l’économie qui a pris le relais, et la culture en est le représentant de commerce). Les industriels l’ont bien compris qui utilisent au mieux la notoriété apportée par l’identité, une image de marque gratuite, efficace et repérée dans le monde entier. La Bretagne, dont les deux grands domaines économiques sont l’agro-alimentaire et le tourisme et qui est la deuxième région touristique de France, ne serait-elle prisée par les estivants que pour l’attrait de ses algues vertes et l’omniprésence de son soleil ?

Les hommes/femmes politiques ont beau jeu de critiquer le Pen et ses théories xénophobes mais font-ils/elles tellement mieux :

  • en ne réagissant pas à ces propos:
  • en votant en 1992 l’article 2 de la Constitution qui rend « hors-la-loi » les langues régionales alors qu’il visait, soi-disant, à protéger la France contre l’envahissement de l’anglais
  • en ne ratifiant et en n’appliquant pas le droit international relatif aux minorités culturelles
  • en se voilant la face devant l’incapacité de la France à évoluer face aux questions de diversité culturelle. Qui fait les lois ?

Tout en faisant attention à ne pas mettre dans le même sac les trop rares défenseurs honnêtes des cultures régionales (Oui, il y en a !), cette incapacité de la France n’est rien d’autre que celle du monde politique. Aveuglement, dogmatisme, lâcheté, ou obéissance servile aux états-majors des partis qui ne connaissent que leur microcosme parisien. Au choix !

Patrick MALRIEU Président du Conseil Culturel de Bretagne 29 janvier 2007

publié dans : Brezhoneg / Breton

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